L'autrice états-unienne met en scène un couple qui évolue à l'intersection des violences de race et de genre. Un homme et une femme, noirs, de milieu modeste, se rencontrent, s'aiment, et finissent par se déchirer.
Ideal, jeune femme ayant grandit dans la pauvreté et la violence, trouve refuge dans la danse ; déjà mariée, elle tombe éperdument amoureuse de Jimson, avec qui elle refait sa vie. Lui vient d'une famille modeste, et se rêve poète. Deux réalités et deux quêtes de liberté entrent en collision : pour Ideal, il s'agit de survivre : travailler pour avoir de l'argent pour avoir un toit et une assiette pleine. Pour Jimson, la liberté passe par un esprit émancipé, le pouvoir des mots.
C'est un roman intense, très bien écrit, où la narration est un peu brouillée, les souvenirs d'Ideal se mélangent, tout est très poétique et parfois très théâtral. Il est question des rêves que l'on a abandonnés, de l'amour qui cesse d'exister, de comment on fait ce qu'on peut, de ce qui pèse jusqu'à tuer leur couple : le racisme, la jalousie, la pauvreté, le patriarcat, qui mèneront aux violences conjugales subies par Ideal.